Les premiers chrétiens à Rome et en Gaule

     Si l’Eglise a jailli du Sang du Christ en Croix, c’est également dans le sang qu’elle s’est affermie, donnant, pour toute réponse à la haine de Rome et de ses magistrats, la pleine mesure de sa confiance en Dieu. L’hostilité se fait grandissante du peuple de Rome à l’égard des chrétiens, ces gens qui refusent de reconnaître leur divinité aux statues antiques de la Ville, qui refusent de ranger au même rang d’idole le Créateur et Sauveur de toute chose.

     A partir de l’an 64, ce qui n’était qu’une haine nuageuse et silencieuse du peuple de Rome trouve un écho vaste et fracassant dans l’ignominie de l’empereur Néron, qui donne par son exemple des directives à tout l’Empire. Dans les provinces, l’attitude anti-chrétienne de l’empereur résonne dans les palais des gouverneurs locaux, et les chrétiens sont pourchassés pour trop aimer la Vérité. Mais la répression se durcit encore dans l’aveuglement des hommes de lettre, qui ne cherchent pas à défendre les chrétiens, ni même à les excuser, mais demandent toujours plus de cruauté. Ce n’est pas des historiens et les philosophes que les chrétiens peuvent attendre du secours…

     « C’est de Dieu seul que viendra le secours », et les chrétiens ne l’oublient pas. Contrairement à ce que poursuit l’autorité romaine, le christianisme se répand toujours plus, à mesure qu’il est plus persécuté, et au lieu de la crainte d’une mort plus dure, on trouve une charité endurcie. Le martyre est le signe de la force de l’Eglise, car plus Rome tue, plus l’Eglise enfante, par le baptême. L’homme cherche la Vérité, et quand il la trouve, il ne la lâche plus.

                « Nous devenons plus nombreux, chaque fois que vous nous moissonnez : c’est une semence de chrétiens que le sang des martyrs » Tertullien

Abbé Gabriel de Sevin, directeur.


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